LUCY YUJRA

LMon nom est Lucy Geovana Yujra Arratia. Je suis née dans la province de Murillo, à La Paz, Bolivie. Actuellement j’ai 20 ans et je voudrais vous résumer ma vie tel quelle était et vous dire quelles sont mes projets.

D’aussi loin que je me souvienne et que je suis en capacité de me rendre compte de ce qui m’entoure, j’ai beaucoup souffert. Depuis toute petite je vois de la violence dans ma famille ; mon père et ma mère se battaient chaque fin de semaine ; tous les samedis et dimanches autour de 18h-19h, mes frères et moi nous nous mettions à pleurer et à trembler parce que nous savions que mon père finirait par taper ma mère ; cela fut ainsi pendant des années. Comme ça ne me plaisait pas de voir ma mère souffrir comme ça et que les disputes étaient toujours pour des raisons économiques, j’ai commencé à vendre des fruits dans la rue, depuis toute petite, dans les zones de Calacoto, Cotacota, Los Pinos, La Retama ; parfois je montais jusqu’à Chansqui Pampa pour vendre des fruits de maison en maison. C’était un travail fatigant ; parfois j’avais la chance de vendre tout, parfois je devais revenir avec les fruits à la maison.

J’étudiais et je travaillais.

A 14 ans j’ai commencé à travailler comme planificatrice sur les terrains de foot en salle mais je n’aimais pas cela car, parfois, si je faisais une erreur ils m’engueulaient et allaient jusqu’à m’insulter. Ensuite j’ai commencé à vendre des condiments dans la rue (aji, piment, cumin, ail, etc…). Pendant la période des fêtes de Noël et du nouvel an, je vendais des décorations de Noël ; ce travail me plaisait mais c’était risqué car parfois on pouvait me voler ma marchandise et je restais sans rien ; mais parfois je vendais bien. Pour moi il n’y avait ni Noël ni nouvel an car c’était toujours une période de disputes familiales. Ensuite j’ai connu Enda Bolivie, j’y suis entrée : j’allais à la Q’antuta où je me rendais pour déjeuner après avoir travaillé dans la rue pour vendre mes marchandises, ensuite j’allais au collège ; ceci était ma routine quotidienne. Ensuite je suis passé à la Casa Mink’a où j’ai travaillé à l’atelier de boulangerie et où j’ai rencontré beaucoup de gens. Pour moi parler à un étranger est une bonne et unique expérience. Ensuite, je suis rentrée comme coursière dans cette institution où j’ai connu Edith Favoreu qui était la coordinatrice et je me suis fait beaucoup d’amis étrangers que je n’ai pas oubliés.

J’avais très très envie d’étudier mais je n’avais aucune ressource économique pour poursuivre mes études mais grâce à dieu, j’ai rencontré des personnes de bon cœur qui ont décidé de m’épauler comme ils le pouvaient pour poursuivre mes études. Actuellement je suis à l’université de El Alto (U.P.E.A), j’étudie les sciences de l’éducation ; j’en suis au 1er semestre grâce à dieu et au grand cœur des parrains bien qu’étant passée par bien d’autres choses… J’espère avoir un travail pour pouvoir me défendre dans la vie.

Parmi mes projets : devenir une professionnelle en science de l’éducation, aider à créer des emplois, aider ma famille à s’en sortir et aider d’autres personnes à s’en sortir comme on l’a fait pour moi. Je remercie toutes les personnes qui m’aident car sans eux je serais peut-être encore entrain de vendre dans les rues pour essayer de gagner de quoi manger et qui sait pire encore. Merci pour votre aide.